Jan – création nov. 2017

De Claudine Desmarteau
Mise en scène et scénographie de Jean-Paul Daniel
Spectacle tout public, à partir de 12 ans

Avec
Séverine Garde-Massias, Jan

Création lumière Franck Roncière
Décor Pierre Fouillade
Vidéo Philippe Labonne
Avec la participation de Julie Lalande, Thierry Almon et Benjamin Grenat

 

 

L’AVIS DE L’AUTEURE
« Vendredi 10 novembre 2017, dans la salle du Théâtre municipal de Brive — remplie de collégiens émus presque autant que moi, je crois —, j’ai assisté à la représentation de l’adaptation de mon roman « Jan ».
Il faut voir comment Séverine Garde-Massias, seule sur scène pendant 1h15, incarne Jan, avec une sensibilité et un brio impressionnants.
Merci à la compagnie Le Théâtre sur le fil pour cette belle et inventive mise en scène, et à Séverine Garde-Massias pour son interprétation magistrale. »   Claudine Desmarteau, auteure de Jan, présente lors de la 1ère le 10/11/17 – www.desmarteau.fr

 

RÉSUMÉ
Elle se fait appeler Jan, pour Janis, son prénom qu’elle n’aime pas. Et gare à ceux qui osent se moquer d’elle. Son père, fier d’avoir une fille qui n’est pas « une gonzesse », raconte que le jour de sa naissance, déjà, elle avait ses deux petits poings serrés, l’air pas commode. Depuis, garçons ou filles, petits ou grands, pour peu qu’on la cherche, Janis ne se laisse pas faire. Sa mère est vendeuse de chaussures, son père chômeur professionnel. Il est aimant et doux, mais boit beaucoup.
Un jour, parce que sa mère est partie prendre l’air, que son père s’écroule sur le sol, Jan appelle les pompiers et c’est l’engrenage. Son frère et elle sont confiés à un foyer puis à une famille d’accueil, le temps de l’enquête. Mais la jeune fille en a décidé autrement : elle veut protéger son petit frère, rentrer chez elle et réunir ses parents. Elle s’identifie très fort à Antoine Doinel, héros du film de François Truffaut Les 400 coups, et c’est à travers lui qu’elle puise la force de sa révolte.

 

NOTE D’INTENTION
« Un goût de liberté sur le bout de la langue
Il y a des conditions nécessaires dans la vie d’un enfant pour que les conflits inhérents au développement de chaque être humain puissent se résoudre de façon saine et créatrice.
Il lui faut des paroles justes qui seront prononcées à son propos par des personnes qui seront entendues par lui. Les parents de Jan ne sont pas les Thénardier, juste un couple à la dérive, enfermé dans ses problèmes, absorbé par une vie rude, incapable de donner à voir et à entendre des paroles et des actes structurants.
Alors, Jan doit trouver des référents cohérents, aidants. Ailleurs, cette voie –voix sera un tiers bienveillant qui donne à rêver.

Je me rappelle d’un prof passionné de littérature, de cinéma qui nous conseillait tel livre, tel film, un être vivant. Qui nous permettait de prendre en main notre vie : rêver – parler – jouer – écrire – créer… Nous reprenions là où on nous avait laissé. Nous donnant la possibilité de rêver et d’être désirant.

Ainsi, Jan parle, parle. Des mots pour le dire, des mots pour expulser ses maux. Jusqu’à la suffocation. Avec franchise, lucidité, spontanéité. Elle est admirable cette gamine de onze ans, debout, valeureux petit soldat, elle monte au combat et qui « s’y frotte s’y pique », faut pas lui chercher des noises. Petite sœur d’Antoine Doinel dont elle partage le goût de la fuite.
Papa sombre dans l’alcool, Maman est au bout du rouleau. La vie ne fait pas de cadeau.
Jan se protège, protège le frère tant aimé. Il faut réagir, grandir, il faut s’évader. Alors Jan dégage, fracassant les murs qui l’isolent.
Elle part en cavale rêvant d’un ailleurs possible comme Antoine son héros, son frère en évasion.

Sur scène,
Au-delà de la représentation d’un 33 tours vinyle – sûrement un Janis Joplin, c’est la circonférence, le cercle qui m’intéresse, symbole du recommencement. Une sorte de choc, roue de la vie en devenir, pour voyager et se trouver.
Inlassablement, en tournant ce disque Jan dessine son itinéraire, elle retourne le passé pour forger son avenir. Le cercle est le véhicule d’une âme à l’épreuve. Elle tourne, tourne pour sortir victorieuse des embûches. Jan retrouve peut-être aussi une sorte d’animalité vaillante sur la route mouvementée du devenir. Une quête vers l’unité d’un être disloqué mis à mal par des incidents dont elle et son frère Arthur ont été victimes malgré la foi et la force qui les animaient. Jan petit soldat dans le tourbillon de la vie.
Elle court vers la mer pour re/naitre dans la conscience de soi et la raison effaçant ainsi la souillure pour se sentir vivante.

Aussi, un écran de cinéma où Jan va se trouver projetée dans des extraits des 400 coups de François Truffaut. Elle devient Antoine Doinel, son héros, son frère en bon-voisinage.
Les 400 coups résonnent en elle comme si ce film lui appartenait.
Cette admiration pour Antoine est une véritable révélation. Elle entre dans le film un peu halluciné et parle d’Antoine Doinel. Elle partage son expérience. Elle sort du temps réel une fraction de minutes. Elle se fond dans l’image, traverse le miroir pour comprendre, se ressourcer, trouver la force , s’aérer, s’envoler vers la possibilité d’une île. » Jean-Paul Daniel

EXTRAITS
« Je suis pas le genre de personne qu’il faut chercher avec des noises. J’ai toujours été comme ça, paraît même que quand je suis née, j’avais mes petits poings serrés en gueulant comme un nouveau-né pas commode, c’est mon père qui raconte ça quand il est fier d’avoir une fille qui n’est pas une gonzesse. » page 7

« Je ne sais pas qui ils sont, les alcooliques inconnus, mais je leur dis merci. Depuis que mon daron s’est inscrit chez eux, tout va mieux. D’après ce que j’ai compris, c’est une bande d’alcooliques qui ne boit plus rien et qui fait tout pour aider ceux qui ont de la difficulté pour s’arrêter de boire aussi. Ils font des réunions pour s’aider ensemble et ça marche mieux que si l’alcoolique essaie de s’arrêter tout seul.
Mon père ne loupe aucune réunion et il n’a pas intérêt parce que ma mère surveille ça de très près. S’il a évité le divorce, c’est grâce aux alcooliques inconnus, sinon ma mère ne l’aurais jamais cru, qu’il y arriverait tout seul, et je suis obligée de vous avouer que c’est pas la première fois qu’il nous fait le coup de promettre qu’il va arrêter de boire pour de bon jusqu’à ce qu’un jour, à la manière qu’on le devine dès qu’il passe la porte, ça nous crève les yeux qu’il est bourré, alors on sait que c’est raté pour arrêter. C’est des sales moments que je préfère éviter de me rappeler. » page 59

« Les 400 coups, je l’ai aimé comme film – surtout la fin quand il s’évade-, mais maintenant que je sais que François Truffaut était dernier de a classe, je l’aime encore plus. » page 72

« Mon frère je l’aimerais toujours. Il pourrait arriver n’importe quoi, ça changera rien. Même si on grandissait pas ensemble et qu’il m’oubliait presque, moi jamais. C’est mon frère jusqu’à ma mort. » page 235

AVEC LE SOUTIEN
de la Ville de Brive, du Théâtre de Brive, du Théâtre de la Grange de Brive

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