Jan – création nov. 2017

De Claudine Desmarteau
Mise en scène de Jean-Paul Daniel
Spectacle tout public, à partir de 12 ans

Avec
Séverine Garde-Massias, Jan

Création lumière et son Franck Roncière
Décor Pierre Fouillade

 

SORTIE DE CRÉATION NOVEMBRE 2017
Lecture du roman, Jan de Claudine Desmarteau
Dans le cadre de Partir en Livre
Mardi 25 juillet 2017 – 19H
Cour du Musée Labenche – Brive

 

Elle se fait appeler Jan, pour Janis, son prénom qu’elle n’aime pas. Et gare à ceux qui osent se moquer d’elle. Son père, fier d’avoir une fille qui n’est pas « une gonzesse », raconte que le jour de sa naissance, déjà, elle avait ses deux petits poings serrés, l’air pas commode. Depuis, garçons ou filles, petits ou grands, pour peu qu’on la cherche, Janis ne se laisse pas faire. Sa mère est vendeuse de chaussures, son père chômeur professionnel. Il est aimant et doux, mais boit beaucoup.
Un jour, parce que sa mère est partie prendre l’air, que son père s’écroule sur le sol, Jan appelle les pompiers et c’est l’engrenage. Son frère et elle sont confiés à un foyer puis à une famille d’accueil, le temps de l’enquête. Mais la jeune fille en a décidé autrement : elle veut protéger son petit frère, rentrer chez elle et réunir ses parents. Elle s’identifie très fort à Antoine Doinel, héros du film de François Truffaut Les 400 coups, et c’est à travers lui qu’elle puise la force de sa révolte.

NOTE D’INTENTION

« Un goût de liberté sur le bout de la langue
Il y a des conditions nécessaires dans la vie d’un enfant pour que les conflits inhérents au développement de chaque être humain puissent se résoudre de façon saine et créatrice.
Il lui faut des paroles justes qui seront prononcées à son propos par des personnes qui seront entendues par lui. Les parents de Jan ne sont pas les Thénardier, juste un couple à la dérive, enfermé dans ses problèmes, absorbé par une vie rude, incapable de donner à voir et à entendre des paroles et des actes structurants.
Alors, Jan doit trouver des référents cohérents, aidants. Ailleurs, cette voie –voix sera un tiers bienveillant qui donne à rêver.

Je me rappelle d’un prof passionné de littérature, de cinéma qui nous conseillait tel livre, tel film, un être vivant. Qui nous permettait de prendre en main notre vie : rêver – parler – jouer – écrire – créer… Nous reprenions là où on nous avait laissé. Nous donnant la possibilité de rêver et d’être désirant.

Ainsi, Jan parle, parle. Des mots pour le dire, des mots pour expulser ses maux. Jusqu’à la suffocation. Avec franchise, lucidité, spontanéité. Elle est admirable cette gamine de onze ans, debout, valeureux petit soldat, elle monte au combat et qui « s’y frotte s’y pique », faut pas lui chercher des noises. Petite sœur d’Antoine Doinel dont elle partage le goût de la fuite.
Papa sombre dans l’alcool, Maman est au bout du rouleau. La vie ne fait pas de cadeau.
Jan se protège, protège le frère tant aimé. Il faut réagir, grandir, il faut s’évader. Alors Jan dégage, fracassant les murs qui l’isolent.
Elle part en cavale rêvant d’un ailleurs possible comme Antoine son héros, son frère en évasion. » Jean-Paul Daniel

EXTRAITS

« Je suis pas le genre de personne qu’il faut chercher avec des noises. J’ai toujours été comme ça, paraît même que quand je suis née, j’avais mes petits poings serrés en gueulant comme un nouveau-né pas commode, c’est mon père qui raconte ça quand il est fier d’avoir une fille qui n’est pas une gonzesse. » page 7

« Je ne sais pas qui ils sont, les alcooliques inconnus, mais je leur dis merci. Depuis que mon daron s’est inscrit chez eux, tout va mieux. D’après ce que j’ai compris, c’est une bande d’alcooliques qui ne boit plus rien et qui fait tout pour aider ceux qui ont de la difficulté pour s’arrêter de boire aussi. Ils font des réunions pour s’aider ensemble et ça marche mieux que si l’alcoolique essaie de s’arrêter tout seul.
Mon père ne loupe aucune réunion et il n’a pas intérêt parce que ma mère surveille ça de très près. S’il a évité le divorce, c’est grâce aux alcooliques inconnus, sinon ma mère ne l’aurais jamais cru, qu’il y arriverait tout seul, et je suis obligée de vous avouer que c’est pas la première fois qu’il nous fait le coup de promettre qu’il va arrêter de boire pour de bon jusqu’à ce qu’un jour, à la manière qu’on le devine dès qu’il passe la porte, ça nous crève les yeux qu’il est bourré, alors on sait que c’est raté pour arrêter. C’est des sales moments que je préfère éviter de me rappeler. » page 59

« Les 400 coups, je l’ai aimé comme film – surtout la fin quand il s’évade-, mais maintenant que je sais que François Truffaut était dernier de a classe, je l’aime encore plus. » page 72

« Mon frère je l’aimerais toujours. Il pourrait arriver n’importe quoi, ça changera rien. Même si on grandissait pas ensemble et qu’il m’oubliait presque, moi jamais. C’est mon frère jusqu’à ma mort. » page 235

AVEC LE SOUTIEN
de la Ville de Brive, du Théâtre de Brive, du Théâtre de la Grange de Brive

PLUS D’INFOS
Contactez-nous via notre formulaire de contact
Dossier et fiche technique du spectacle sur simple demande

Ville de Brive Conseil General Region Limousin Iso-Inter La Grange Le 400